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Troubles alimentaires: augmentation fracassante des demandes d’aide

«Les demandes d’aide en ligne chez ANEB ont explosé, allant jusqu’à 131% comparativement à la pré-pandémie.»
globalmoments via Getty Images

Fait connu et reconnu, le contexte de pandémie et le confinement ont entraîné des sentiments d’anxiété, de déprime ainsi que d’angoisse chez les personnes souffrant de troubles alimentaires.

En cette semaine du 1er au 7 février, 7e édition de la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, le constat est sans appel: l’augmentation des demandes d’aide est fracassante!

Entretien avec Karine Pendleton, intervenante jeunesse chez ANEB - Anorexie et boulimie Québec - instigateur avec la Maison l’Éclaircie de ce rendez-vous annuel.

«Les demandes d’aide en ligne chez ANEB ont explosé, allant jusqu’à 131% comparativement à la pré-pandémie», détaille Karine Pendleton. Détresse accrue et rechutes, au mois de mai dernier lors du premier confinement, on notait une hausse de plus de 230% du service des échanges par textos, idem pour le clavardage (+72%) ainsi que la présence dans les groupes en ligne (+57%).

«Le fait d’être isolé, de perdre sa routine, sans compter plus de temps passé sur les réseaux sociaux à voir des influenceurs aux vies apparemment parfaites, plus de temps pour se regarder aussi... Les pensées envahissantes ont pris le pas chez les personnes souffrant de troubles alimentaires. Je dirais plus généralement que le contexte actuel est une porte d’entrée pour les troubles alimentaires», Mme Pendleton.

Le trouble le plus commun est l’hyperphagie boulimique qui affecte quasiment autant les hommes que les femmes: 2 hommes pour 3,5 femmes (autour de 3% de la population est touchée). Quant à L’anorexie, elle touche un homme pour 10 femmes (1% de la population). La boulimie, c’est 2% de la population.

- Source Dre Mimi Israel

Des doutes...?

Si vous avez des doutes au sujet d’un de vos proches, l’un des outils proposés sur le site d’ANEB est un questionnaire Suis-je à risque?

Parmi les questions posées:

Site ANEB

L’obsession est commune à tous les troubles alimentaires. Dans les cas les plus graves, 90% du temps peut être dédié à penser à cela.

«Si l’on constate un changement chez l’un de nos proches, un enfant par exemple, nous préconisons le principe de la communication non violente. Des phrases telles que ”j’aimerais aborder un sujet important parce que je tiens vraiment à toi. Je suis là avec toi pour en parler sans jugement”. Se renseigner, c’est très important», explique Karine Pendleton.

Plus on est informé et outillé, mieux c’est.

Le site regorge d’ailleurs d’outils comme les lignes d’écoute, le service de clavardage ainsi que les rencontres en groupe, virtuelles pour cause de pandémie bien sûr, mais aussi des blogues à consulter. Par exemple: Comment garder le plaisir de manger même en pandémie.

«On se doit d’honorer nos envies alimentaires, même si on ne les considère pas comme parfaites au niveau nutritionnel [...] La vérité, c’est que si on a toujours envie de certains aliments, c’est simplement parce qu’on s’empêche de les consommer. L’interdit crée l’envie! Quand on se permet tous les aliments souhaités, ils descendent de leur piédestal et deviennent comme tous les autres. Ils ne constitueront jamais 100% de notre alimentation, parce que si on mangeait matin, midi et soir la même chose, on finirait par s’en lasser. Écouter nos envies amène la satisfaction, un élément essentiel au plaisir alimentaire», soutient Mélanie Pronovost, nutritionniste, auteure du blogue.

L’estime de soi

Les parents devraient faire attention aux termes et mots employés afin qu’ils ne stigmatisent ni le poids ni les aliments, mais aussi le physique d’autrui.

«On le sait, les troubles alimentaires surviennent généralement à l’adolescence, c’est pour cela qu’il est important quand on est parents de faire attention aux messages que l’on véhicule. Ne pas se montrer obsédés par l’alimentation, ne pas mettre la pression sur les enfants en leur parlant de leur poids ou en les stigmatisant sur des habitudes alimentaires malsaines. Et bien sûr, il est primordial de leur démontrer que l’estime de soi, ce n’est ni le poids ni l’apparence, mais qui on est vraiment», explique Dre Mimi Israel - cheffe du département de psychiatrie, Institut Douglas et professeure agrégée, Département de psychiatrie, Université McGill.

Selon elle, on ne peut pas forcer une personne à chercher de l’aide. Il faut avant tout l’aider à reconnaître son malaise et ce que cela entraîne de négatif - notamment en démontrant à la personne qu’elle semble plus fatiguée, en démontrant comment le négatif a pris le pas sur le positif. Cela passe par un processus de confiance, il faut y aller tranquillement et surtout en respectant la personne.

C’est ensuite qu’on peut l’inciter à se tourner vers de l’aide.

Anorexie et Boulimie Québec (ANEB Québec), un organisme communautaire sans but lucratif, apporte de l’aide aux personnes touchées directement ou indirectement par un trouble de l’alimentation et cela partout au Québec.

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