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Saison 2013-2014 de l'Usine C : ralentir le rythme pour mieux séduire (PHOTOS)

Usine C

Avant-gardiste sans être impossible à suivre, audacieuse tout en étant accessible. Voilà comment les dirigeants de l’Usine C ont décrit la programmation de la saison 2013-2014, pendant laquelle ils tenteront d’inscrire plus d’une œuvre dans notre mémoire collective en se tournant vers la « slow production ».

« Dans notre monde de production effrénée, plusieurs œuvres sont faites trop rapidement et n’arrivent pas à dévoiler pleinement leur potentiel en une seule série de représentations, avance la directrice générale Danièle de Fontenay. J’avais envie de donner du temps aux artistes, de les inviter à reprendre un spectacle et de pousser leur réflexion encore plus loin, s’ils le désirent. C’est très important pour nous d’accompagner les créateurs, de leur être fidèle et de les voir bâtir pierre après pierre une œuvre qui va trouver sa place dans notre mémoire collective. »

À la barre de l’Usine C depuis 18 ans, la dame de théâtre se met au défi chaque année de rester branchée sur la création à travers le monde et de garnir sa programmation de petites et grandes trouvailles. « Je vois une centaine de spectacles par année. J’ai mes arrêts obligatoires à New York, Bruxelles et Paris, et je vais très souvent chez les collègues à Montréal. Chaque fois que je rentre dans une salle, je me dis « c’est celui-là », le spectacle qui va me marquer esthétiquement ou émotivement. Il n’y en a pas beaucoup, mais chaque fois que quelque chose se passe, ça renouvelle ma passion. »

L’audace en reprise

Qu’il soit question de théâtre, de danse, de performance, de musique, d’arts visuels ou numériques, l’Usine C met à l’affiche certaines œuvres qui ont marqué la scène montréalaise au cours des dernières années. La danseuse et chorégraphe Louise Lecavalier en laissera plus d’un bouche bée avec le solo explosif et le duo intempestif interprété aux côtés de Frédéric Tavernini dans So Blue, encensé lors du dernier FTA. Les mots de Marguerite Duras résonneront à nouveau sur une scène montréalaise, après la présentation de l’objet théâtral fort particulier créé par Christian Lapointe, L'Homme-Atlantique(et La maladie de la mort), avec Anne-Marie Cadieux, Jean Alibert et Marie-Thérèse Fortin. Trois ans après sa création, Caligula_Remix permettra au public montréalais de voir ou de revoir le travail du « DJ théâtral » Marc Beaupré.

Psychanalyser le mouvement

L’institution au coin des rues Ontario et Visitation prône également la fidélité en continuant d’offrir ses murs à quatre artistes en résidence. Après avoir séduit le public et la critique avec Junkyard Paradis et Goodbye, la danseuse et chorégraphe Mélanie Demers revient à la charge avec un intrigant procédé : offrir le langage chorégraphique de sa troupe aux mots d’un auteur, à la musique d’un DJ, aux observations d’un psychanalyste, aux élans créateurs d’artistes visuels, ainsi qu’au travail d’une performeuse dans Mayday Remix. Le jeune chorégraphe Nicolas Cantin tendra la main à Michèle Febvre, une des figures marquantes de la danse québécoise des années 70 et 80 en signant le solo CHEESE. La comédienne, auteure et metteure en scène Marie Brassard nous fera découvrir de nouvelles parcelles de son imaginaire en présentant Moving in this word, lors de la 9e édition du festival Temps d’Images, du 7 au 9 avril prochain. Au cours de la même période, Benoît Lachambre s’associera à Fabrice Ramalingon afin de présenter Stage Le Bal des Charmeurs.

Dans le lot de créations locales et internationales, notons le retour de Michel Onfray qui, après avoir transmis La Sagesse des Abeilles aux Montréalais, propose Le Recours aux Forêts. Dans Running Sushi, Chris Haring s’exprime sur les relations amoureuses en s’inspirant des bars à sushis. Un spectacle repas à l’indienne sera offert pendant A Brimful of Asha, création torontoise de Ravi Jain, qui raconte avec humour et émotions l’épopée que l’artiste a vécue lorsque ses parents ont essayé de le marier en Inde. Dans Variations pour une déchéance annoncée, la metteure en scène française Angela Konrad sera entourée de plusieurs comédiens québécois, dont Dominique Quesnel et Philippe Cousineau, dans une adaptation brechtienne de la Cerisaie, où elle tentera de débarrasser l’œuvre de Tchekhov de son fatras nostalgique.

Nostalgie amoureuse

Fait rare et inusité, l’écrivaine et comédienne Évelyne De La Chenelière jouera dans La Concordance des temps, l’adaptation théâtrale réalisée par le metteur en scène Jérémie Niel à partir du roman du même nom qu’elle a publié il y a deux ans. Interrogée au sujet de cette expérience particulière, De La Chenelière ne semble nullement inquiète de l’interprétation toute personnelle que fera Niel de ses mots et de son univers. « J’aime beaucoup cette absence de contrôle sur mon œuvre. Jérémie doit absolument s’en emparer avec sa liberté de créateur et fondre son langage au mien. Dans la mesure où l’on est intègre avec sa démarche artistique et le sens du matériau dont on s’empare, on peut tout se permettre. Je laisse donc à Jérémie tout l’espace nécessaire pour qu’il puisse créer. Lors des répétitions, l’écrivaine en moi ne sera pas dans le chemin. »

Construite autour des pensées de deux individus qui se sont aimés et qui ont jadis flirté avec le fantasme et la terreur de la fusion amoureuse, La Concordance des temps s’intéresse à ce sentiment d’étrangeté face aux choses qui nous ont autrefois été familières. Afin de compléter le duo d’anciens amoureux, Jérémie Niel et Évelyne De La Chenelière se sont tournés vers James Hyndman. « Il y a quelques années, je l’ai vu jouer pour la première fois dans La nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès, un auteur que je lisais beaucoup et que je voyais interprété pour la première fois, explique l’actrice et écrivaine. J’ai vécu une rencontre presque amoureuse à ce moment-là. Je me sentais complice du regard de James sur la langue. Je sentais qu’il aimait fouiller le langage et qu’il était capable d’aller dans toutes sortes d’endroits. Lorsque Jérémie et moi réfléchissions au choix de mon partenaire de jeu, nous avons eu l’intuition que cette création arrivait à un bon moment dans le cheminement artistique de James. Dès qu’on lui a proposé, il a été emballé par le projet. »

Tous les détails sur la programmation 2013-2014 de l’Usine C via : http://www.usine-c.com/

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