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Affaire Camara: Valérie Plante demande une enquête indépendante

La mairesse de Montréal a qualifié la situation «d’inacceptable».
Le suspect qui aurait désarmé un policier court toujours et le SPVM poursuit son enquête. (photo d'archives)
Le suspect qui aurait désarmé un policier court toujours et le SPVM poursuit son enquête. (photo d'archives)

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réclamé jeudi une enquête indépendante pour faire la lumière sur la mise en accusation de Mamadi Fara Camara, l’homme qui a été faussement accusé de tentative de meurtre sur un policier du Service de police de Montréal (SPVM) et qui a été libéré mercredi.

«M. Camara, c’est un homme qui est libre. [...] Le message que je veux lui envoyer, et à tout le monde, est que cet homme est innocent. Et il faut le répéter haut et fort, parce qu’il y a eu erreur sur la personne», a mentionné Valérie Plante lors d’un point de presse.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a retiré mercredi les accusations auxquelles faisait face M. Camara et a annoncé un arrêt des procédures.

Mme Plante a qualifié la situation «d’inacceptable». Elle demande que le SPVM continue tous ses efforts pour retrouver le vrai coupable.

Après une discussion avec la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, la mairesse Plante souhaite qu’une enquête neutre, qui débutera rapidement, se penche sur le travail des policiers et du DPCP.

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, a affirmé que le SPVM n’hésiterait pas à s’excuser auprès de M. Camara et de ses proches «au moment opportun quand on aura tous les éléments pour le faire».

«Le SPVM n’hésitera pas à s’excuser auprès de M. Camara le cas échéant. Je vais personnellement m’excuser auprès de notre concitoyen au moment jugé opportun», a déclaré M. Caron, lors d’un point de presse devant le quartier général du SPVM, jeudi, vers 16h30.

M. Caron a affirmé qu’il fallait être prudent avant d’accuser une personne, mais aussi avant de la disculper.

Il a dit que le SPVM était encore dans l’attente d’expertises de sang et d’ADN qui pourraient faire avancer l’enquête. Il a dit qu’il avait attendu avant de procéder à ce point de presse dans l’espoir d’avoir ces résultats entre les mains.

Plus tôt en journée jeudi, le SPVM avait réagi par voie de communiqué, déclarant que l’événement survenu le 28 janvier dernier est «d’une complexité exceptionnelle». Le corps de police ne reconnaissait aucun tort.

«Le travail en continu des enquêteurs a permis, hier (mercredi), de faire une nouvelle analyse des éléments de preuve ne permettant plus de soutenir des accusations envers le suspect initialement appréhendé», a indiqué le SPVM.

«Toutefois, les images vidéo à l’étude ne sont pas à elles seules disculpatoires. À l’heure actuelle, la combinaison de tous les éléments de preuve nous permet d’envisager la présence d’une personne additionnelle sur la scène de l’événement, le soir du crime», a ajouté le corps de police.

La police poursuit son enquête dans cette affaire. Mme Plante s’est dite préoccupée par le fait que la personne qui a véritablement commis ce crime soit toujours libre.

Profilage et racisme systémique

L’affaire a fait réagir l’ensemble des partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a qualifié l’affaire de «franchement épouvantable». Évoquant la détention de M. Camara durant six jours et l’impact sur sa conjointe enceinte de jumeaux, Mme Anglade a affirmé qu’il était essentiel qu’une enquête soit menée dans cette affaire. Notant qu’il était trop tôt pour parler de profilage racial, elle a tout de même reconnu que «la question se pose», d’où la nécessité d’aller au fond de l’affaire.

Sa vis-à-vis à Québec solidaire, Manon Massé, abondait dans le même sens, rappelant que le profilage racial est une des caractéristiques du racisme systémique. Tout comme Mme Anglade, Manon Massé a reconnu qu’il était trop tôt pour tirer ce genre de conclusion, ajoutant tout de même que «la question est sur toutes les lèvres et elle est fort légitime».

La formation d’avocat du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a poussé ce dernier vers la prudence lorsqu’on lui a demandé s’il avait l’impression qu’il y avait eu profilage dans cette affaire.

M. St-Pierre Plamondon a qualifié l’affaire d’«ahurissante» et rappelé qu’on ne pouvait prendre une telle affaire à la légère «dans une société de règles de droit».

Mamadi Fara Camara, un scientifique sans histoire, a été libéré de l’accusation de tentative de meurtre mercredi ainsi que de celles de voies de fait graves contre un agent de la paix, de désarmement d’un agent de la paix et de déchargement illégal d’une arme à feu.

Le SPVM avait précisé que le suspect s’était emparé de l’arme de service du policier lors d’un contrôle routier et que l’agent avait été transporté à l’hôpital pour une blessure à la tête. Le policier était conscient lors de son transport à l’hôpital et sa vie n’est pas en danger.

Avec La Presse canadienne

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