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Vente de blindés à l'Arabie saoudite : Stéphane Dion défend son conseiller Jocelyn Coulon

Stéphane Dion défend son conseiller Jocelyn Coulon
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OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, pense qu’il est « injuste » de le questionner sur les écrits passés de l'un de ses principaux conseillers, qui a critiqué la vente de blindés à l'Arabie saoudite.

« Je ne veux pas commenter les écrits passés de mes collaborateurs parce que ça pénalise les gens qui écrivent. À ce moment-là, on embauchera seulement des gens qui n’ont jamais rien écrit de leur vie », dit-il.

Jocelyn Coulon a écrit dans les pages de La Presse en janvier que « l’Arabie saoudite a acheté le silence des Occidentaux par ses juteux contrats civils et militaires ». Il a été embauché au bureau de Dion le mois d’après.

Coulon dirigeait alors le Réseau de recherche sur les opérations de paix et réagissait à l’exécution du leader religieux chiite Nimr el-Nimr par la famille royale saoudienne.

Depuis des mois, le gouvernement Trudeau se borne à répéter qu’il ne peut pas annuler son lucratif contrat de blindés à l’Arabie saoudite. Lors d’une allocution à l’Université d’Ottawa, mardi, Dion a répété que la crédibilité économique du pays était en jeu.

« L’annulation de ce marché de 15 milliards de dollars pourrait entraîner des amendes salées pour les contribuables canadiens et nuire à la crédibilité de la signature du gouvernement du Canada », a-t-il dit.

Le premier ministre Justin Trudeau a tenu des propos semblables au siège social des Nations unies, à New York plus tôt ce mois-ci.

« Cela dit, on ne peut pas acheter le gouvernement Trudeau, c’est impossible », a ajouté son ministre des Affaires étrangères.

Il précise que le gouvernement fédéral aura un « processus rigoureux et plus transparent » pour évaluer les permis d’exportation de contrats militaires à l’avenir.

Remettre les pendules à l’heure

Stéphane Dion a profité de sa tribune, lundi, pour répondre à ses critiques, qui l’accusent de côtoyer des régimes autoritaires et répressifs sur la scène internationale.

« Nous n’éprouvons pas plus de plaisir que nos amis conservateurs à côtoyer des régimes autoritaires, a-t-il affirmé. Nous aimerions que le monde ne soit fait que de démocraties exemplaires. Mais notre monde est très imparfait, et pour l’améliorer il faut s’y engager les yeux ouverts, et non pas s’en retirer. »

Selon son gouvernement, la rupture des liens diplomatiques avec l’Iran « n’a eu de conséquences positives pour personne ». Dion a déploré le retrait du Canada pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien.

Il a aussi critiqué la fermeture de l’ambassade canadienne en Iran, qui a permis de secourir des otages américains dans les années 70.

« C’est souvent une erreur que de couper les ponts avec un régime qui nous déplaît. Au contraire, il faut lui parler franchement et exprimer clairement nos convictions, dans le but d’obtenir un changement positif », a poursuivi le ministre.

Il ajoute que le Canada ne doit plus pratiquer la « politique de la chaise vide » avec la Russie, tant pour soutenir l’Ukraine que pour augmenter l’influence du Canada dans l’Arctique.

Dion a conclu en disant que le pays doit être « un constructeur de paix juste et résolu » au lieu de s’en tenir à la notion d’honnête courtier (honest broker).

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