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Une vidéo montre une fillette de 9 ans être menottée et aspergée de poivre par la police

La police de Rochester, dans l'État de New York, répondait à un appel pour trouble familial lorsque des agents ont forcé l'enfant à monter à l'arrière de la voiture.

La police de Rochester, dans l’État de New York, a diffusé dimanche des images de la caméra corporelle d’un agent montrant une fillette menottée de 9 ans être aspergée de poivre par des policiers répondant à un appel pour trouble familial.

Dans deux vidéos captées vendredi, l’enfant appelle à plusieurs reprises son père en criant, alors que les agents luttent pour la faire monter dans une voiture de police. La fillette avait auparavant eu une dispute dans la rue avec une femme identifiée comme sa mère.

«Vous agissez comme un enfant!» lui lance un policier en essayant de mettre ses pieds dans le véhicule.

«Je suis une enfant!» répond la fille entre deux sanglots.

Après plusieurs minutes passées à essayer de la faire monter dans la voiture, un agent de sexe masculin lance à un autre policier de «juste l’asperger, rendu à ce point-là».

La fillette de 9 ans a été menottée et placée sur la banquette arrière d'une voiture de police. Alors qu'elle semble refuser de mettre les pieds dans le véhicule, la vidéo montre qu'elle est aspergée de poivre.
Rochester Police Department
La fillette de 9 ans a été menottée et placée sur la banquette arrière d'une voiture de police. Alors qu'elle semble refuser de mettre les pieds dans le véhicule, la vidéo montre qu'elle est aspergée de poivre.

On aperçoit une agente secouer un appareil devant la jeune fille assise. Quelques secondes plus tard, on entend l’enfant demander à quelqu’un de lui essuyer les yeux avant que la porte de la voiture ne se ferme, avec un soupir bien audible de l’un des neuf agents ayant répondu à la scène, comme le décrit notamment le Democrat and Chronicle de Rochester.

» Les vidéos complètes sont disponibles au bas de l’article

La jeune fille a été transportée à l’hôpital puis remise à sa famille, ont indiqué les autorités.

La mairesse de Rochester, Lovely Warren, commentant les images lors d’une conférence de presse dimanche, a déclaré qu’il «ressort clairement de la vidéo que nous devons faire plus pour soutenir nos enfants et nos familles».

«J’ai une enfant de 10 ans, donc c’est une enfant. C’est un bébé. Cette vidéo, en tant que mère, ce n’est pas quelque chose que vous voulez voir», a affirmé Warren. «Ce n’est pas quelque chose que nous devrions chercher à justifier, qui peut être justifié, et c’est quelque chose que nous devons changer.»

Le chef adjoint de la police, Andre Anderson, qui a aussi commenté les événements lors de la conférence de presse de dimanche, a décrit l’enfant comme étant suicidaire et a déclaré qu’elle voulait également faire du mal à sa mère.

Malgré ces problèmes de santé mentale apparents, Warren a déclaré que le Bureau des services d’intervention de la ville, qui est formé pour répondre aux appels liés à la santé mentale, n’a pas été alerté de la scène parce que l’appel initial à la police impliquait «un certain nombre d’événements survenant en même temps qui nécessitaient une intervention policière».

Ce bureau a d’ailleurs lancé la semaine dernière une équipe pour personne en crise, qui est censée prendre en charge certaines responsabilités de la police, rapporte le Democrat and Chronicle.

Anderson a fait savoir qu’il s’attend à des changements au sein de son département à la suite d’un examen interne des actions des agents.

«Ces changements viendront après avoir discuté avec les agents impliqués et en les amenant à considérer la désescalade, en faisant une pause tactique au besoin», a-t-il déclaré.

Mike Mazzeo, président du Locust Club, le syndicat de la police de Rochester, s’est également entretenu avec les journalistes dimanche, rejetant les inquiétudes concernant d’éventuelles séquelles psychologiques pour la fillette qui a été menottée et aspergée de poivre par des policiers. Il a plutôt soutenu qu’il fallait se préoccuper de sa situation familiale.

«C’est ce qui est triste. C’est ce qui est dérangeant», a-t-il dit, en faisant référence à la dispute entre l’enfant et sa mère.

Mazzeo s’est en outre inquiété du bien-être psychologique des policiers après l’incident. «Certains de ces officiers n’ont probablement même pas eu l’occasion d’en discuter jusqu’à quand, des heures plus tard?» a-t-il avancé.

Des bougies illuminent un mémorial de fortune pour Daniel Prude, un homme noir décédé alors qu'il était retenu par la police à Rochester en mars 2020.
ASSOCIATED PRESS
Des bougies illuminent un mémorial de fortune pour Daniel Prude, un homme noir décédé alors qu'il était retenu par la police à Rochester en mars 2020.

Par ailleurs, le service de police de Rochester et les autorités de la Ville étaient déjà sous les projecteurs en raison de la mort de Daniel Prude, un homme noir de 41 ans décédé après que des agents lui eurent couvert la tête d’une cagoule en filet et l’eurent maintenu au sol lors d’une arrestation le 23 mars 2020.

Les agents ont déclaré avoir placé la cagoule sur Prude, alors sous l’influence de PCP, parce qu’il crachait et qu’ils étaient préoccupés par la propagation du coronavirus. Lorsque Prude a essayé de se lever, les agents ont gardé sa tête sur le trottoir et l’ont maintenu là pendant deux minutes. Prude est décédé une semaine plus tard en raison de «complications d’asphyxie dans le cadre de la contention physique», selon un rapport d’autopsie.

Cinq mois après la mort de Prude, Warren a annoncé la suspension de sept policiers de Rochester en raison de leur implication dans l’incident. Le chef de la police de l’époque, La’Ron Singletary, a également été limogé par Warren après que la mairesse l’eut accusé de l’avoir gardée dans l’ignorance quant à la mort de Prude. Singletary avait déjà annoncé son intention de prendre sa retraite.

Le neveu et le frère de Daniel Prude, Armin et Joe, tiennent une photo de Daniel, en septembre dernier.
ASSOCIATED PRESS
Le neveu et le frère de Daniel Prude, Armin et Joe, tiennent une photo de Daniel, en septembre dernier.

Le Bureau de l’intégrité publique de la Ville a conclu en décembre qu’il n’y avait aucune preuve d’actes répréhensibles commis par un employé de la Ville dans la mort de Prude.

Peu de temps après, l’ex-chef de police Singletary a déposé un avis de réclamation, qui est précurseur d’un procès, contre la Ville. Il accuse la mairesse Warren d’avoir fait pression sur lui pour qu’il mente sur les événements ayant suivi la mort de Prude, et de l’avoir licencié après son refus.

Le bureau du procureur général de New York mène sa propre enquête sur la mort de Prude. Cette enquête se poursuit.

Les images de la caméra corporelle des événements de vendredi peuvent être visionnées ci-dessous:

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

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