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Le Québec a sa loi zéro émission

C’est à l’unanimité que l’Assemblée nationale du Québec a adopté, cette semaine, le projet de loi 104, loi visant l'augmentation du nombre de véhicules automobiles à zéro émission au Québec, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'autres polluants, mieux connue sous le nom de loi Zéro émission. Une adoption qui a beaucoup plu au ministre de l’Environnement, David Heurtel, mais qui a laissé plusieurs manufacturiers automobiles perplexes.

« Nous venons d'adopter un projet de loi parmi les plus sévères en Amérique du Nord, et nous l'avons fait unanimement, s'est réjoui le ministre Heurtel. C'est un énorme pas en avant vers l'atteinte des objectifs tant environnementaux qu'économiques du Québec. Cette loi s'inscrit en droite ligne avec notre vision d'un Québec propulsé dans l'économie du 21e siècle, une économie moderne, prospère et sobre en carbone. Promouvoir l'électrification des transports, c'est investir dans l'avenir de nos entreprises et dans celui de nos enfants. »

Concrètement, la loi Zéro émission force les manufacturiers automobiles à atteindre certains objectifs de vente de véhicules non polluants au Québec au cours d’une année. Si les objectifs ne sont pas atteints, les constructeurs délinquants devront payer une pénalité ou racheter des crédits.

Pour le moment cependant, la liste des véhicules admissibles n’a pas encore été formellement acceptée, et les règlements qui encadrent cette loi seront déposés dans quelques semaines, et soumis à l’étude d’un comité parlementaire.

L'opinion est partagée du côté des constructeurs

Du côté des constructeurs automobiles, les impressions sont plutôt partagées. Certains, comme General Motors, se réjouissent de cette situation. « La Chevrolet Volt est déjà la voiture électrique la plus vendue. Avec la venue de la Bolt dans quelques mois, nous sommes en excellente position et cette loi nous permettra de poursuivre sur cette lancée. Reste à savoir maintenant quelles en seront les règles précises, mais pour nous, il s’agit d’un pas dans la bonne direction », a expliqué le porte-parole de la compagnie, George Saratlic.

Chez Hyundai, même si on ne s’affirme pas contre la loi, on est tout de même inquiet. « Nous sommes une entreprise qui veut avoir un véritable rôle à jouer dans ce domaine, mais nous devons attendre plus de précision. Nous croyons, par exemple, que les voitures à hydrogène sont une portion importante de l’avenir, et nous souhaitons que le Gouvernement juge cette technologie tout aussi importante que les autres », a souligné Chad Heard, responsable des communications chez Hyundai. « Nous devrons donc attendre le dépôt final de toutes les règles avant de nous prononcer. »

Quant à Mazda, même si là aussi on attend les règles précises avant de prendre une position formelle, le ton est résolument moins positif. « Nous trouvons un peu abusif ce genre de comportement du gouvernement qui tente de promouvoir une stratégie sans tenir compte de tous les aspects. Nous, par exemple, respectons actuellement toutes les normes environnementales les plus exigeantes en Californie, même si nous utilisons des moteurs à essence. L’usage de nos moteurs à combustion super efficaces nous permet d’atteindre les cibles tout en nous laissant assez de marge de manœuvre pour compléter notre stratégie », explique Sandra Lemaitre, porte-parole de Mazda Canada.

« Déjà, l’aide financière apportée aux voitures électriques nous pénalise comme constructeur, malgré nos efforts d’efficacité. Cette loi ne fera qu’accentuer ce décalage, mais on verra comment elle s’appliquera dans les faits », conclut-elle.

Le Québec se place ainsi aux côtés des dix États américains, dont la Californie et plusieurs États du nord-est des États-Unis, représentant près du tiers du marché américain, qui ont déjà adopté une réglementation du genre. On espère que la loi permettra d’augmenter le choix des véhicules électriques offert au pays, et que les prix chuteront en raison de leur plus vaste présence sur le marché.

Aucun délai précis n’a cependant été arrêté pour la présentation des règlements encadrant la nouvelle loi.

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