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Un ex-√©tudiant en histoire √† l'Universit√© Laval, Marc-Antoine Dumas, qui a d√Ľ annuler ses cours lors de la gr√®ve √©tudiante
QU√ČBEC - Les droits de scolarit√© universitaires augmenteraient de 2,67 pour cent au Qu√©bec au lieu de 3 pour cent tel qu'annonc√©
Le gel en vigueur au cours des neuf années précédentes ne pouvait plus perdurer. N'oubliez pas que nous sortons d'une crise économique, nos exportations reculent ou au mieux stagnent depuis deux ans. Sans compter qu'Ottawa a réduit ses paiements de transfert pour l'éducation postsecondaire dans le cadre de sa lutte contre le déficit. Bref, nos finances publiques sont mal en point. Le gel était un luxe, on n'en a plus les moyens.
Mon grand-p√®re avait pour son dire: ¬ęQuand le feu pogne dans maison, peu importe qu'il aille commencer dans la cuisine ou ben non dans le salon, tu l'√©teins.¬Ľ En ce moment, que les √©tudiants soient violents ou non, qu'ils boycottent ou qu'ils gr√®vent, on s'en fout. Ce qui est important, c'est qu'en ce moment, le point de rupture est bient√īt atteint. Bient√īt, des sessions devront √™tre annul√©es, bient√īt, les esprits vont s'√©chauffer, bient√īt, les impacts √©conomiques vont s'aggraver. Bient√īt, il sera trop tard.
Charest veut mentir le Plan Nord comme seul avenir économique, la stabilité constitutionnelle dans un Canada déjà rompu, la loi et l'ordre par la répression. Sur le dos des étudiants, des travailleurs, de notre langue, de notre richesse, de notre environnement. Et de son devoir solonnel. Ce sont ses lignes de campagne. Avec la loi, l'ordre et la hausse des frais de scolarité, il pige à deux mains dans le marché de la CAQ déjà aux enchères.
Gabriel Nadeau-Dubois et ses collègues ont su profiter de la conjoncture politique actuelle. Ils personnifient l'opposition à l'équipe Charest. En plus d'être jeune, Gabriel Nadeau-Dubois, ce politicien en herbe s'exprime dans un discours accrocheur et syndicaliste ce qui a naturellement attiré les médias. Malheureusement pour les Québécois, son discours cache une tout autre réalité, celle de la promotion de la désobéissance civile, du non-respect des décisions de la Cour, du saccage du bien public et des biens privés et l'appel à la Révolution.
S'il est important d'avoir des amis en politique, il est encore plus fondamental d'avoir un ennemi. La présence de celui-ci permet aux hommes et aux femmes politiques de se définir. Jean Charest ne cèdera pas. Son intérêt est de poursuivre ce combat jusqu'aux élections. Il avait besoin d'incarner une cause et se cherchait un ennemi. Les casseurs et la CLASSE se sont offerts sur un plateau d'argent. Le radicalisme étudiant est une bénédiction pour les libéraux.
Je n'en reviens pas. Tout simplement pas. Je regardais les images de la manifestation hier soir en direct à CUTV, et ce que je voyais, c'était une foule pacifique. Tout se passait bien. Et voilà que sur Twitter, le SPVM se met à parler de casseurs. Et tout à coup, sur CUTV, je vois la police charger les manifestants, sans raison apparente.
Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsque l'on refuse de reconna√ģtre la l√©gitimit√© d√©mocratique de d√©cisions prises en assembl√©es d√©lib√©rantes, et ce, avec des taux de participation qui feraient rougir toute notre classe politique. Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsqu'un gouvernement pr√©f√®re laisser aux tribunaux et aux corps policiers le soin de d√©nouer les conflits dans le milieu de l'√©ducation, ne faisant qu'alimenter les tensions plut√īt que d'apaiser la grogne estudiantine.
Le discours des √©tudiants pour la hausse repr√©sente bien cet individualisme¬†: ¬ę¬†Moi, je veux aller √† mes cours si je le veux, eux peuvent manifester s'ils le souhaitent!¬†¬Ľ. Autrement dit, manifestez pour le bien commun, moi je profiterai de votre victoire et en plus je terminerai ma session! L'image parfaite du passager clandestin!
La solution simple que je propose est la suivante. Le gouvernement accepterait de répartir la hausse prévue sur six ans, au lieu de cinq, et celle de la première année serait coupée de moitié. Le manque à gagner des universités serait compensé par une augmentation équivalente du financement public. Les modifications annoncées au régime de prêts et bourses seraient mises en place. L'opportunité d'établir une commission de surveillance des finances universitaires ferait l'objet de discussions ultérieures.
Peu importe la r√©sultante, peu importe la r√©solution du conflit, la gr√®ve √©tudiante de l'ann√©e 2012 sera synonyme d'une d√©monstration sans √©quivoque du path√©tisme postmoderne dont souffre la soci√©t√© qu√©b√©coise. D'un c√īt√©, il existe un regroupement d'√©tudiants, divis√© en diverses factions qui ne repr√©sentent pas les m√™mes int√©r√™ts et qui ne d√©fendent pas la m√™me id√©ologie, mais qui parle au nom desdits √©tudiants comme √©tant un tout uniforme et homog√®ne sans repr√©senter la majorit√© de ces derniers.
Chaque jour, plus profondément je me révolte. Et n'allez pas croire que je porte le carré rouge sur mon manteau déjà rouge. Pas besoin. Le rouge orne de plus en plus mon regard, et teint mes principes comme une chaussette oubliée dans une brassée de blanc.
On critique l'ent√™tement id√©ologique des jeunes dans la rue, mais qui des deux, gouvernement ou √©tudiants, est le plus aveugle √† votre avis? M√™me si les √©tudiants sont forc√©s de r√©int√©grer leurs classes, et ils devront bien le faire √† un moment donn√©, la grogne est d√©sormais plus large, le besoin de s'exprimer plus vaste et la n√©cessit√© de reprendre ce qui nous appartient, de plus en plus aigu√ę.
Cela fait d√©sormais huit semaines que les √©tudiants sont dans la rue, que les classes des universit√©s sont vides. Cela fait d√©sormais huit semaines qu'une grande partie de la jeunesse √©tudiante du Qu√©bec tente de faire passer un message somme toute simple au gouvernement : la hausse de 75% des frais de scolarit√© ne peut que nuire √† l'accessibilit√© aux √©tudes. Cela fait aussi huit semaines que le gouvernement ignore souverainement les dol√©ances √©tudiantes, faisant passer pour du ¬ę leadership ¬Ľ ce qui est en r√©alit√© de l'obstination et de l'ent√™tement. Huit semaines de condescendance et de cynisme.
Le débat sur la question de la hausse des droits de scolarité au Québec a pris une tangente qui me fascine. J'ai vaguement l'impression que les tenants du gel tentent d'en faire un combat dogmatique duquel les deux véritables enjeux -- la qualité du réseau universitaire québécois et son accessibilité -- sont évincés. D'une part, la question de l'avenir du réseau universitaire, et de la qualité de la formation est complètement occultée par les porte-parole étudiants appelés à s'exprimer sur la question. Pourtant, il s'agit bien là du noeud du problème, non? S'assurer que nos établissements universitaires sont en mesure d'offrir des services à la hauteur du potentiel des Québécois.
Depuis quelques jours, les d√©marches juridiques se multiplient en rapport √† la gr√®ve estudiantine. Des √©tudiants voulant retourner en classe se tournent vers les tribunaux pour que ceux-ci ordonnent la reprise des cours √† coup d'injonctions. Certains obtiennent gain de cause et d'autres non. En entrevue au Devoir, le pr√©sident de la F√©d√©ration √©tudiante coll√©giale du Qu√©bec (FECQ), L√©o Bureau-Blouin, a r√©agi en d√©non√ßant la ¬ęjudiciarisation¬Ľ du conflit, c'est-√†-dire l'utilisation des tribunaux et du droit pour r√©gler un litige entre le gouvernement et les √©tudiants. ¬ęC'est un conflit qui est politique, et la justice ne saurait servir quand tu as perdu sur le terrain politique.¬Ľ
Nous sommes pr√™ts. Quel beau slogan, n'est-ce pas? Il fut un temps o√Ļ celui-ci sugg√©rait des images d'avenir, de stabilit√© et de prosp√©rit√©. Si les lib√©raux prenaient cette formule une seconde fois, ils ne pourraient pas le faire passer aussi doucement. Par contre, si les √©tudiants militant pour la cause de l'√©ducation l'empruntaient, l'espoir rena√ģtrait. C'est au tour de la jeunesse √† prendre le micro.
Candidats √† la ma√ģtrise et au doctorat en fin de parcours, nous sommes en outre de ceux que la hausse n'affectera pas, ou si peu. Nous serons sortis de l'universit√© bien avant 2017, ann√©e o√Ļ elle atteindra 1 625$. Et pourtant, nous avons choisi de nous engager dans la gr√®ve √©tudiante actuelle, et ce pour trois raisons.
√áa y est. Nous y sommes. La m√®che a √©t√© allum√©e l'automne dernier par les indign√©s, puis les √©tudiants ont embras√© le Qu√©bec. Les artistes, les √©cologistes, les syndicats, m√™me les √©glises attisent le feu depuis des semaines. Le printemps √©rable est en marche. Depuis trop longtemps, on nous a enferm√©s dans une bouteille trop petite pour nos r√™ves. Maintenant que le g√©nie en est sorti, faisons trois vŇďux.