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cachere

J.E. strikes again! Selon l'émission diffusée sur les ondes de TVA, les consommateurs québécois achèteraient à leur insu des produits alimentaires en payant les coûts d'une certification dont ils ne seraient pas demandeurs. Ces allégations entretiennent évidemment le mythe d'une minorité juive qui contraindrait la majorité à se conformer à ses règles religieuses.
En s'attaquant au crucifix, Djemila Benhabib, s'en prend à la mauvaise cible. En effet, la présence du crucifix à l'Assemblée nationale est loin d'être un scandale. De nos jours, ce crucifix est davantage un symbole historique, relié au patrimoine historique québécois, et non plus un symbole strictement religieux. Au risque de me répéter, le débat n'est pas là. Et loin de moi l'idée d'alimenter la controverse, mais le véritable scandale se trouve plutôt dans les supermarchés à grande surface et dans l'épicerie du coin.
Des producteurs québécois m'ont affirmé ne pas avoir d'autre choix que de faire apposer la certification religieuse cachère sur leurs aliments. Sinon, certains grands supermarchés refusent carrément de les distribuer sur leurs tablettes, m'ont-ils assuré sous le couvert de l'anonymat. « Ils ne nous disent pas que c'est obligatoire, dans ces mots-là. Mais disons que c'est fortement recommandé. Nous voulons pouvoir vendre notre miel, alors nous le faisons certifier », m'a confié un important apiculteur québécois.
Alerte rouge! Les "valeurs québécoises" sont à nouveau en danger. Courez le dire à vos voisins. On croyait en avoir fini avec toutes ces musulmaneries, mais, après voir vaillamment mis un stop à la lapidation des femmes adultères à Hérouxville, nous voici à nouveau menacés. Dieu sait où saigner ces pauvres petites poules pourrait nous mener... Aux chiottes, tout au moins, puisque les animaux abattus selon le rituel halal (musulman) ou casher (juif) comporteraient un risque accru de contamination, selon le porte-parole péquiste en matière d'agriculture, André Simard. Vétérinaire de son métier, M. Simard pousse l'enveloppe plus loin en disant que ce type d'abattage est cruel et "ne correspond pas aux valeurs du Québec."
Avant tout chose, j'affirme que je n'ai rien contre Saint Glin-Glin-les-Meux-Meux. J'y suis allée à quelques reprises et j'ai trouvé cette région et ses habitants formidables. C'est clair? Ne m'envoyez pas de bottes de foin. Dans notre courageuse chasse aux accommodements déraisonnables, la sorcière du jour s'appelle Miss Viande Halal-Cacher.
L'industrie du halal est très porteuse dans les pays où l'on dénombre une présence musulmane même minoritaire. Malheureusement et contrairement à ce que croient beaucoup de gens y compris des musulmans, les consommateurs du halal sont souvent laissés pour compte à cause d'une industrie qui cherche à se faire de l'argent dans des segments de marché moins contrôlés et mal structurés et en l'absence quasi-totale de textes réglementaires qui normalisent la certification halal.
Les enfants d'un CPE de Montréal mangent de la viande halal. Les résidents d'un CHSLD de la métropole consomment des aliments cachères. Le Journal de Montréal rapportait récemment que les aliments sanctifiés par le clergé juif ou musulman ont fait leur entrée dans des établissements financés par le gouvernement du Québec. Les philosophies cachère et halal exigent que les animaux soient abattus d'une certaine façon, tandis que le rabbin ou l'imam récite une prière. Pour une société qui se targue d'avoir réussi à séparer l'État de la religion, ce constat a de quoi faire sourciller.