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loi 59

La session parlementaire qui tire à sa fin à Québec aura démontré que le premier ministre Philippe Couillard est soudain vulnérable aux attaques de l'opposition.
On doit se questionner sur comment il se fait que l'interprétation personnelle d'un citoyen peut lui permettre de ne pas respecter la loi. Permettrait-on, au nom de la liberté de conscience d'un libertarien, que celui-ci ne paie pas ses impôts?
Pratiquement tous les groupes, y compris des représentants du Barreau, soulignèrent le danger et même l'absurdité d'un projet de loi dont la définition du discours haineux était tout sauf claire.
Le Rassemblement pour la laïcité désavoue fortement cette motion adoptée par l'Assemblée nationale. Le libellé de ce texte, sous la forme d'une condamnation de l'islamophobie, n'a aucune raison d'être. Cette proposition soumise au vote procède d'une rhétorique néfaste, celle de l'idéologie islamiste.
Islam, islamiste, wahhabite, salafiste, chiite, sunnite, écœurantite...
L'islam serait-il devenu un sujet si tabou que toute critique à son endroit doive être forcément vue comme discriminatoire?
Notre société, on le sait, est atteinte de la même maladie que le reste de l'Occident, la pensée politique est vampirisée par la rectitude politique.
Qu'une ministre de la Justice soit soumise à ce point aux revendications de bureaucrates en quête d'un nouveau pouvoir de censurer l'expression de la parole libre me fait réaliser combien nos libertés sont fragiles.
Après avoir brandi sur plusieurs tribunes l'épouvantail de l'islamophobie pour dire à mots couverts qu'il fallait museler les propos hostiles aux religions, voici qu'il soutient que le blasphème est protégé par la loi.
Comme disait un ami: «La politique s'adapte aux mœurs quand son objectif n'est que la prise du pouvoir».
En tant que femme de culture musulmane, je ne m'abstiendrai pas de tourner en ridicule l'homme qui me considère inférieure à lui à travers sa lecture radicale de la religion. J'ai eu à le faire plusieurs fois, d'ailleurs.
L'intégrisme, le fanatisme et le terrorisme sont des réalités sur lesquelles nous devons pouvoir nous exprimer, sans crainte d'être traîné en justice au nom de la vertueuse lutte contre «l'islamophobie».