Pour résoudre la crise climatique, Macron doit insuffler un optimisme nouveau : celui de l’urgence!

Paris, France

Plus jeune dirigeant de l’histoire de la démocratie Française, le Président Emmanuel Macron sait que le dérèglement climatique est le défi le plus important de sa génération, et à plus forte raison des générations à venir.

Mais cela ne suffit pas. Le temps qu’il reste est désespéramment court. Les scientifiques du monde entier estiment que les actions des 10 à 20 prochaines années détermineront notre capacité à endiguer les impacts climatiques du réchauffement. Ces impacts s’intensifient mais aussi s’autoalimentent. L’urgence est telle que ces derniers seront bientôt plus forts que nos efforts pour les prévenir.

Alors que le Président Macron est l’hôte du Sommet One Planet rassemblant les dirigeants clefs de ce monde, il doit définir le problème climatique tel qu’il est : un problème appelant des mesures effectives à moyen terme, et non plus simplement des solutions à long terme. C’est un message d’optimisme urgent : si nous agissons beaucoup plus rapidement, il nous reste encore juste assez de temps pour résoudre la crise climatique.

A ce jour, cependant, la plupart des dirigeants de ce monde dénient que nous sommes proches d’un désastre climatique incontrôlable. Pas seulement l’administration Trump et les Républicains aux Etats Unis, mais aussi beaucoup de dirigeants de gouvernements et d’industries. Ces derniers reconnaissent la science climatique mais n’entendent pas à quel point nos normes climatiques sont en train de s’effondrer de manière brutale et à grande ampleur.

Il y a déjà aujourd’hui une chance sur vingt que la pollution climatique déjà émise entraîne des conséquences catastrophiques, peut être même des risques existentiels. La semaine dernière, une étude publiée dans la revue Nature fait apparaître que les modèles climatiques les plus précis prédisent des impacts et un réchauffement jusqu’à 5 degrés Celsius durant notre siècle.

Il nous faut affronter le fait que nos efforts actuels ne sont pas suffisants pour empêcher des impacts catastrophiques puisque nous essayons de résoudre un problème qui s’accélère, avec des solutions très lentes.

Heureusement, nous disposons des technologies et réglementations nécessaires pour éviter un réchauffement incontrôlable si nous les déployons rapidement, maintenant, et à grande échelle. Un rapport récent, Well Under 2 Degrees C, signé par plus de 30 experts scientifiques et politiques du climat, démontre que nous pourrons remplir les objectifs de l’Accord de Paris seulement si les trois axes ci-dessous sont suivis :

  • Décarboniser le système énergétique global en 2050 est totalement atteignable : par l’utilisation des énergies renouvelables et d’autres sources d’émission zéro, en avançant dans le stockage de l’électricité et en améliorant l’efficacité énergétique. La réduction maximum possible issue de ces méthodes sera de 0.3°C en 2050 et de 2.5°C en 2100.
  • Réduire drastiquement les émissions de polluants à courte durée de vie climatique dès aujourd’hui éviterait un réchauffement de 0.6°C en 2050 et jusqu’à 1.2°C en 2100. Les réductions de ces polluants sont essentielles pour limiter le réchauffement à moyen terme. Elles peuvent être mises en place dès maintenant grâce à des technologies, règlementations et institutions déjà existantes, telles que la réduction progressive des HFC mise en place par l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal en Octobre 2016.
  • L’extraction du carbone atmosphérique sera nécessaire. Nécessaire pour contrer les risques dus aux manquements à la règlementation, aux délais d’application trop longs ou en cas de changement climatique brutal (non linéaire). Si les émissions de CO2 continuent de croître jusqu’en 2030, il faudra extraire le volume stupéfiant de trillions de tonnes de carbone, pour un coût estimé à plusieurs trillions de dollars. Un tel effort doit prendre en compte les efforts de gestion du carbone tels que sa capture, son utilisation et son stockage ou la reforestation.

Si aucune de ces solutions n’est facile à mettre en place, elles sont toutes possible à ce jour, au travers ‘une action globale concertée.

Le Président Macron a aujourd’hui une occasion unique de porter la cape du dirigeant mondial protecteur du climat.

Il a transcendé le nihilisme climatique du Président Trump, en lançant sa plateforme “Make Our Planet Great Again”. “Il n’y a pas de Plan B, parce qu’il n’y a pas de Planète B” a précisé le Président Macron à l’annonce du retrait des Etats Unis de l’Accord de Paris.

Aussi importants que soient ses efforts, la plus grande arme du Président Macron sera d’utiliser le Sommet One Planet de cette semaine pour sonner le clairon suivant : « Reconnaissez le danger extrême et imminent que pose la catastrophe climatique, agissez vite et de manière décisive pour le combattre ».

S’il le fait, Macron il sera à coup sûr le plus important dirigeant du 21ème siècle.

=====================================================================

Paul Bledsoe is professorial lecturer at American University’s Center for Environmental Policy and strategic advisor to the Progressive Policy Institute; he was a climate adviser in the Clinton White House.

Maxime Beaugrand is Senior Law Fellow of the Institute for Governance and Sustainable Development in Washington and Geneva, and Paris.

Durwood Zaelke is Founder and President of the Institute for Governance & Sustainable Development, and teaches Climate Justice at the University of California, Santa Barbara.

This post was published on the now-closed HuffPost Contributor platform. Contributors control their own work and posted freely to our site. If you need to flag this entry as abusive, send us an email.
CONVERSATIONS