Un Homme De Sagesse Par Camilla Chance: Critque Par Sylvie Nantais

Un Homme De Sagesse edition francais
Un Homme De Sagesse edition francais

Sylvie Nantais passé en revue le livre Un Homme de Sagesse et nous avons pensé à partager cette critique avec vous:

BANJO CLARKE, Homme sage australien

Banjo Clarke était un aîné aborigène provenant de la tribu Kirrae Whurrong de l’état de Victoria en Australie. Sa vie – remplie d’amour, de pardon et de générosité – a transformé quiconque l’a rencontré.

Quand Henry James ‘Banjo’ Clarke est décédé le 14 mars 2000, son amour infini pour les gens appartenant à toutes les couches de la société, sa grande spiritualité, sa bonne gestion des terres ancestrales, ainsi que le bien qu’il voyait en tous malgré sa vie tragique où il fut victime de racisme, a incité des milliers à assister aux obsèques presque nationales de cet aîné aborigène si respecté.

Banjo Clarke, Homme sage australien

En 1975, pendant qu’il récupérait d’une pneumonie contractée lors de son travail dans une mine de basalte, Banjo reçut la visite à l’hôpital de Camilla Chance. Cette rencontre était le début d’une amitié profonde et réciproque entre cet aborigène et cette femme aristocrate.

Quelques années plus tard, Banjo a demandé à Camilla de l'aider à transcrire l’histoire de sa vie, en secret pour éviter des influences extérieures, et qui par la suite est devenu un témoignage de ses croyances et un appel à son peuple de maintenir à tout prix leur belle culture, de même qu'à l’humanité entière d’épouser leur réalité spirituelle et d'entretenir la bienveillance. Le résultat, 27 ans après leur rencontre initiale, Banjo Clarke, as told to Camilla Chance fut publié par Penguin Australia en 2003 et relancé en 2005.

Ce livre reçut des éloges de la critique ainsi qu'une couverture médiatique importante; il a connu un grand succès en Australie et fut traduit en plusieurs langues. Un documentaire sur la vie de Banjo Clarke et commenté par sa co-auteure, Camilla Clarke, fut réalisé par ABC (Australian Broadcasting Corporation) : ceci a permis à cette dernière de parler de la vie, la philosophie et les croyances de Banjo Clarke à travers le monde et sur l’internet. Camilla Chance est baha'ie, comme Banjo Clarke, qui adopta cette foi plus tard dans sa vie, car il croyait que les enseignements baha’is se rapprochaient le plus de ses propres croyances aborigènes en donnant la vision d’un futur prometteur.

Au-delà du didgeridoo, le nulla-nulla et le réve

Ce livre n’est pas facile à lire. Rédigé dans les mots de Banjo Clarke lui-même, il parle non seulement de sa vie (qui fut très difficile par le fait même qu’il est un Aborigène), de sa lutte contre l’alcoolisme, de ses divers emplois afin d’éviter la misère, la famine et la perte de sa famille, mais aussi de l’histoire de ses ancêtres – une histoire sanglante de massacre, de spoliation, de racisme endémique et d’inégalités perturbantes.

Il décrit son peuple de façon émouvante – les ‘Aînés’ qui lui ont transmis leur culture et ceux qui ont perdu leur identité, leur culture et leur spiritualité à cause des programmes gouvernementaux d'extermination, c'est-à-dire les « générations volées. » Par contre, on ne trouve jamais dans ses mots une parcelle d’apitoiement ou de juste colère contre ses oppresseurs, seulement une tristesse et une perplexité. Il ne comprend pas pourquoi on ne peut pas tous vivre unis en harmonie.

Banjo est un grand conteur – il nous donne un aperçu fascinant de la pensée aborigène australienne et les valeurs d’une spiritualité très évoluée qui soutiennent sa culture, basée sur la croyance qu’il n’y a pas vraiment de séparation entre le monde de l'esprit et le monde matériel : un grand respect doit être accordé aux deux mondes. Dans ses histoires sont entremêlés des oiseaux de mauvais augure, des animaux porteurs de bénédictions, des arbres qui chuchotent et une compréhension profonde des symboles oniriques.

Le pouvoir de l’esprit humain et de la nature entourant Banjo Clarke prennent vie de façon déroutante – les lecteurs peuvent entrevoir le ‘monde du rêve – dreamtime‘ qui fait partie intégrale de la vie des aborigènes, et peuvent sentir les pulsations du monde de l’esprit dans ses mots. La vérité est définitivement plus étrange que la fiction, et tellement plus fascinante. Dans le monde aborigène, le passé, le présent et le futur ne sont qu’une réalité qui existe dans le moment – bref, la pierre angulaire de la physique quantique. Il y a un dialogue mystique entre ces deux mondes, un dialogue que l’humanité ferait bien d’entretenir dans son univers déséquilibré.

Le pouvoir de l’amour intégral

La vie de Banjo Clarke a duré presque la totalité du 20e siècle, et il y a peu d’expériences qu’il n’a pas subi. Cet homme aborigène, en dépit des grands défis de sa vie – rayonnait l’amour et la compassion pour tous ceux qu'il rencontrait sur son chemin. Il est souvent comparé à Nelson Mandela : les deux hommes ont émergé des ténèbres en rayonnant le pardon et l’intégration. Le fait que le premier a connu la renommée mondiale ne veut pas dire que l’autre avait moins de pouvoir transformateur dans ses contacts avec les gens et son environnement.

Banjo Clarke ouvrait ses portes en tout temps aux dépossédés et aux souffrants. Il était l’ami autant du pauvre inconnu que de gens distingués, comme Malcolm Fraser, le premier ministre d’Australie de 1975 à 1983, qui a souvent cherché les sages conseils de l’aìné aborigène sur divers enjeux. Par contre, Banjo disait : « Je ne suis pas politicien. Je ne suis qu’un homme du monde naturel. Les enfants blancs viennent me voir dans la brousse et je leur raconte mes histoires. Je raconte des histoires sur les esprits de la forêt et sur le monde spirituel, le monde du rêve, le ‘dreamtime land.‘ »

Le livre sera disponible en France 20 octobre. Egalement sur les sites internet : 

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