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État islamique: le splendide isolement de Thomas, la naïveté désarmante de Justin

Le Parti conservateur et le Bloc québécois ont, à cet égard, la position responsable.

Lundi à New York s'ouvrait l'Assemblée générale des Nations unies. Le sujet de l'heure, la lutte à l'État islamique, allait dominer les discours des différents chefs d'État et de gouvernement. Le soir même, à Toronto, deux candidats au poste de premier ministre du Canada, Thomas Mulcair et Justin Trudeau, assumaient plutôt leur décalage face à la réalité internationale: le premier prêchant par excès d'isolationnisme, le second par naïveté désarmante. Ce contraste, à lui seul, en dit long sur leur volonté de voir le Canada retrouver son rang de puissance moyenne à vocation mondiale.

Le splendide isolement de Thomas

Alors que l'actuelle coalition militaire réussit à peine à endiguer la puissante organisation terroriste, M. Mulcair n'aurait pas de gêne à mettre un terme à la participation canadienne aux frappes aériennes. Ses propositions, soit de «s'attaquer à la circulation d'armes, au financement et l'afflux de combattants étrangers» ou encore d'augmenter le volet «aide humanitaire» (qui, par ailleurs, n'a pas été budgété dans cadre financier du NPD - un oubli?) peuvent sembler sympathiques. Elles accusent cependant un sérieux temps de retard, alors que les appels se multiplient afin que se forme une «une coalition au sens Guerre Mondiale» contre l'État islamique, considéré à juste titre comme «l'ennemi numéro un». Le silence de M. Mulcair, lors du débat Munk, sur les circonstances où le NPD interviendrait militairement était, en ce sens, révélateur.

La position de M. Mulcair constitue une forme de défilement, voire d'isolationnisme. Le Canada, membre fondateur de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), futur candidat à un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, passerait outre à ses responsabilités, de peur de «s'embourber au Moyen-Orient».

Ce conflit n'est pourtant pas une guerre comme les autres, car il comporte une dimension de lutte entre la civilisation et la barbarie. L'État islamique interpelle le concept même de communauté internationale. La place des pays qui en ont les moyens est au combat.

La naïveté désarmante de Justin

M. Trudeau prône benoitement «de former les forces armées locales». De quelles armées locales parle-t-il? Celle de l'Irak? Considérant le fait que les Américains y ont déjà déployé quelque 3 500 formateurs, avec un succès mitigé, on voit mal la plus-value de 20 formateurs canadiens. En Syrie? Les Américains ont déjà dépensé 500 millions de dollars afin de former 60 rebelles syriens dits «modérés» (ils espéraient en former 9 000 d'ici la fin de l'année). C'est un désastre complet. Et le Canada ferait mieux? Au surplus, les «armées» de M. Trudeau ne sauraient tenir sans l'appui aérien de la coalition.

Dans un monde idéal, ce serait bien que la formation de troupes irakiennes, kurdes ou syriennes suffise pour enrayer la menace que pose l'État islamique. En réalité, il s'agit de naïveté. La formation est une solution bancale, qui n'est pas de nature à éradiquer l'ÉI. Nous ne pouvons en faire l'objet principal de notre politique de lutte contre l'État islamique.

Un sujet qui devrait être éliminatoire

À l'issue du débat Munk sur la politique étrangère, il apparaît que MM. Mulcair et Trudeau doivent revoir leurs copies. Certes, la lutte contre l'organisation État islamique n'est pas l'unique sujet de préoccupation des Canadiens. Il s'agit cependant d'un sujet qui devrait être éliminatoire. Le Parti conservateur (et d'ailleurs, le Bloc québécois) ont, à cet égard, la position responsable.

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