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Juste pour rire 2016: «L'Événement JMP», nul besoin de promotion

Juste pour rire

L’Événement JMP est de retour pour une neuvième année consécutive, les 15 et 16 juillet prochains. L’annuel rendez-vous de Jean-Marc Parent est l’une des valeurs les plus sûres du Festival Juste pour rire, sinon «la» plus certaine. Son marathon de gags improvisés fait partie des meubles, on sait qu’il a lieu, qu’on n’a qu’à se rendre sur le site de Juste pour rire pour se dégoter des billets. Même pas besoin d’en parler, de faire de la publicité. Nul besoin de promotion.

Et pourtant, chaque année, la Salle Wilfrid-Pelletier est remplie à pleine capacité, deux soirs d’affilée. On pourrait probablement ajouter d’autres supplémentaires, toujours dans la plus absolue discrétion, que ce serait aussi sûrement plein. De quoi faire l’envie de bien des jeunots qui se produisent sur les scènes extérieures, en toute gratuité, et qui n’attirent même pas la moitié de la foule que déplace Jean-Marc Parent.

Or, à l’aube du dixième anniversaire de son concept, le bien-aimé Jean-Marc a douté. Il a demandé à Juste pour rire, qui chapeaute non seulement le festival du même nom, mais qui produit aussi toutes ses activités, de lui organiser quelques entrevues. Pour qu’au moins, on mentionne à quelques endroits qu’il bosse fort sur cette grande soirée, et qu’il souhaite encore que les gens soient de la partie.

«Cette année, j’ai dit à Juste pour rire: "Ce serait le fun que vous l’annonciez quelque part!", raconte-t-il. Mais ils vendent 7000 billets juste avec l’annonce sur le site Internet. C’est plaisant de savoir ça, mais d’un autre côté, personne ne sait qu’on fait le show, mis à part quand ça passe à la télé. L’insécurité d’artiste fait dire: tout à coup on se trompe? Si j’arrive, et qu’il y a mille sièges libres? Mais Juste pour rire me rassure en me disant que c’est leurs sous à eux, et que si ce n’était pas plein, ils l’annonceraient! (sourire) Ce serait bien niaiseux de dépenser des dizaines de milliers de dollars pour promouvoir un spectacle qui roule bien…Mais en même temps, je suis content!»

Les fameuses routes

Jean-Marc Parent sait que le public de L’Événement JMP se déplace également pour l’applaudir pendant ses tournées en solo. Or, avec cette douce folie estivale, il se réjouit d’avoir établi un autre créneau, celui de l’improvisation pure et simple, sans rodage et sans filet, avec numéros musicaux et invités spéciaux. Cette année, Dany Flanders assumera les portions chantées. Jean-Marc Parent a connu l’ex-candidat de La voix 2013 en Floride, et tous deux sont devenus copains, notamment en jouant au hockey.

«Chaque année, il y a une pression. Celle d’être aussi bon que l’an passé. Puisque ce ne sont pas des vrais textes, mon affaire ne peut pas être garantie. Ça peut être bien bon, ça peut être moyen… Plate, j’espère que ça n’arrivera jamais (rires) Mais il faut au moins que ça soit aussi bon que l’année d’avant».

Pour l’édition 2016, il prévoit parler du Puy du Fou, «le plus gros parc thématique sur la planète Terre», que «personne ne connaît», rigole-t-il. «Disney a l’air d’une foire dans une ville. J’exagère, c’est une image, mais c’est un gros, gros parc thématique culturel, basé sur l’histoire. Au lieu d’avoir des manèges, il y a des spectacles qui nous racontent l’histoire de la France, sur une période de 500 ans. C’est hallucinant comment c’est beau.»

Il ne sait juste pas encore comment il abordera ce sujet du Puy du Fou, qui l’emballe au plus haut point. Sinon, il observera encore la salle, connectera avec le public devant lui, et s’inspirera de ce qu’il verra pour monologuer avec sa verve légendaire. Bien sûr, quelques-uns de ses bonbons habituels, comme ses petits bobos, le système de santé, et l’état des routes québécoises, devraient aussi être au programme.

Ce dernier thème, en particulier, l’anime énormément ; propriétaire d’une rutilante Corvette d’un blanc immaculé qui était garée près du restaurant Zibo, au Quartier Dix30 de Brossard, lundi, là où il a passé l’après-midi à accorder ces entrevues auxquelles il tenait tant, d’autres voitures «fragiles», d’un pick-up et d’un motorisé, il en connaît long sur la situation de nos chemins.

«Les routes, ça fait 20 ans que je parle de ça, se rend-il compte. Je réalise que j’étais à l’avant-garde. Dans l’un de mes premiers numéros, il y a 17 ans, je parlais de l’asphalte. Et à l’époque, c’était embryonnaire, à côté du Beyrouth qu’on vit aujourd’hui! C’est inépuisable! Parce que les travailleurs s’assurent qu’on ait du matériel chaque année.»

«Je reviens de Paris; là-bas, il n’y a pas une route d’abimée, s’épate-t-il. J’ai fait deux ou trois mille kilomètres, en région, dans les villages. Pas une craque, pas une bosse, pas une croûte, rien! Et ils ne sont pas milliardaires! Ici, c’est épouvantable. Mais je sais qu’on est obligés. On chiale quand ce n’est pas beau, et on chiale quand ils réparent. Mais il y a sûrement une façon de mieux coordonner ça! Ici, il arrive des choses qui n’arriveront jamais aux États-Unis, ni en Europe, ni en Asie. Les détours ne sont jamais clairs. Parfois, tout est barré en même temps! Ils sont capables de barrer le tunnel (La Fontaine), le pont Jacques-Cartier, le pont Champlain, en même temps! Personne ne se dit: «Mais ils vont passer par où?» On s’en fout!»

«Finalement, les routes, je ne pensais pas en parler, mais tu me donnes le goût d’en reparler», s’esclaffe Jean-Marc à la journaliste devant lui, qui l’a mis sur la piste.

Ne pas travailler

Dans le passé, certaines langues et plumes trempées dans le vitriol ont voulu nous faire croire que Jean-Marc Parent était sans culture, sans envergure. C’était de ne pas connaître l’homme à l’esprit ouvert, informé, brillant, observateur, curieux, grand voyageur, conscientisé et conscient qu’est l’humoriste, à qui Juste pour rire a rendu hommage, à juste titre, en 2013.

On l’écoute comparer avec aisance notre système de santé et celui des autres pays, le taux d’imposition d’ici et d’ailleurs, divaguer dans des réflexions sociétales et même presque philosophiques, et on se dit: «Confiez-lui un micro de radio, quelqu’un». Mais le principal intéressé ne l’entend pas ainsi. Hors de sa zone de confort, il aurait l’impression de «travailler», ce qui ne lui plairait pas du tout.

«Je suis bien bébé. Moi, j’ai choisi ce métier-là parce que j’ai l’impression que je ne travaille pas! Si on me donne un travail quotidien, mon rêve de ne pas travailler sera fini! Alors que je sais très bien que, si on compte les heures, c’est le contraire, je travaille bien plus. Mais ce n’est pas la même ambiance, la même énergie, parce que c’est une passion. Je pense qu’on se l’est tous dit, dans la vie: quand tu trouves un travail que tu aimes vraiment, ce n’est plus un travail. Moi, je ne parlerai jamais de quelque chose sous un couvert lourd, sérieux, de conseil ; j’ai assez de misère avec ma tête tout seul, je ne donnerai jamais de conseils aux autres! (rires) Par contre, je peux dresser un tableau, et vous, arrangez-vous avec ce que je vous montre, avec vos mœurs et votre éducation. On n’a pas toutes les compétences pour tout connaître, sur tout ; alors, je fais attention. Mon travail, c’est de divertir les gens, point final, même si je sais que je laisse des bribes, comme un musicien ou un acteur m’en laisse.»

L’Événement JMP sera présenté les 15 et 16 juillet prochains, à 20h, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Consultez le www.hahaha.com pour toutes les informations. Les meilleurs moments des éditions 2008 à 2010 sont regroupés dans un coffret DVD présentement en vente.

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