Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

C’est le temps de dire merci à nos enfants

Je pense que cette semaine, il faut célébrer nos enfants parce qu’ils sont rigoureux, il faut souligner leurs efforts parce qu’ils sont forts. Je pense qu’il faut leur dire merci de nous inspirer avec leur légèreté.
Getty Images

C’est le début des vacances de la relâche scolaire. Ouin, tu vas devoir innover, je pense. C’est limité cette année. Tu feras pas beaucoup de millage, tu passeras pas les frontières, tu iras même pas manger au restaurant. Cette année, la destination choisie, c’est ta région. Le paysage, c’est ton voisinage, le petit extra, c’est ce que tu feras avec ton imagination.

Nos enfants sont fatigués, je pense. Ils méritent leurs petites vacances même si on se dit qu’ils ont profité de beaucoup de congé dans l’année. C’était pas des congés, c’était des restrictions, des obligations. Ils ont travaillé fort nos kids depuis le printemps dernier.

Ils ont dû s’adapter à de nouvelles règles, de nouvelles activités, une nouvelle façon d’apprendre dans un enseignement différent, pis ils ont dû s’adapter aux grands qui devaient s’adapter eux aussi à leur nouvel environnement.

En temps normal, quand un changement majeur survient dans une famille, les enfants sont touchés. Et il y en a eu beaucoup dernièrement. Ça fait un an qu’ils s’adaptent. Du jour au lendemain, le sous-sol s’est transformé en poste de travail, la chambre du fond est devenue une salle de classe, papa se rend plus au boulot, il reste en pyjama toute la journée. Les heures de repas ont changé, mamie vient pu comme avant. On dirait que toute la famille essaye de se repositionner, que les habitudes sont disparues, on dirait que tout a changé.

“Ils sont bons, ils sont jeunes pis ils se posent pas trop de questions. Mais ça brasse pareil en dedans, eux aussi s’ennuient du temps d’avant.”

Oui, tout a changé, nos kids sont en adaptation partout, dans chaque sphère de leur vie, ils sont en repositionnement constant eux aussi. Ils sont bons, ils sont jeunes pis ils se posent pas trop de questions. Mais ça brasse pareil en dedans, eux aussi s’ennuient du temps d’avant.

Souvent, je prends le temps d’observer les kids qui passent sur ma rue pour se rendre à l’école. Ça me fait un peu oublier la pandémie. Ils marchent comme avant en grimpant les bancs de neige, en courant avec leur gros habit de neige. Ils sont contents. Dans un parc le week-end dernier, je les regardais patiner, glisser, contents de tomber, de voir un chien, de saluer un ami de loin, de courir vers lui pour rire un peu à deux. Je les regarde pis j’oublie un instant le poids du confinement.

Je pense que cette semaine, il faut célébrer nos enfants parce qu’ils sont rigoureux, il faut souligner leurs efforts parce qu’ils sont forts. Je pense qu’il faut leur dire merci de nous inspirer avec leur légèreté.

C’est facile cette semaine de tomber dans tout ce qui est interdit, de critiquer le gouvernement, la santé publique. Ça va être facile de se rappeler qu’on pourrait être ailleurs dans la chaleur, ou en gang dans un chalet. Ça va être facile de se dire qu’on peut bien travailler une ou deux journées parce que de toute façon, y’a rien à faire, facile de faire de cette semaine une semaine plate pis ordinaire. Je pense qu’on n’a pas le droit de faire ça. Je pense que cette semaine, notre job, c’est d’innover, d’être créatif, c’est d’être positif. Nos ninjas méritent ça, ils méritent un extra.

Tu vas en trouver, comme on dit, y’a toujours moyen de moyenner. Y’a sûrement plein d’endroits pas trop loin où vous êtes jamais allés, une patinoire, un sentier à marcher, un parc, une montagne à grimper pour observer la vue d’en haut. C’est à nous de rajouter un ingrédient nouveau dans le chocolat chaud.

Je sais, je sais, on arrive au boutte de février, on est tanné d’être restreint pis d’avoir à se réinventer. On est plusieurs au même point à attendre le printemps, à espérer le beau temps pis à se dire que ça fera bientôt un an qu’on est confiné.

Nos jeunes ont besoin de savoir qu’on est là, qu’on pense à eux, qu’on prend du temps pour faire différemment. Cette semaine, on va sortir nos vieux patins, réparer le traineau, pique-niquer sur le bord d’un lac, nourrir les oiseaux, colorer l’eau du bain, bricoler, cuisiner, pis jouer en famille aux cartes. Cette semaine, on va prendre du temps avec nos enfants, parce que c’est grâce à eux qu’on s’inspire, qu’on se motive pis qu’on garde le cap.

Personnellement, les miens sont grands, mais quand je vois passer les tiens sur le chemin de l’école le matin, quand je les entends rire en passant dans le parc, ça me fait du bien, ça me fait sourire pis on dirait qu’en les regardant tout devient moins pire.

Suggest a correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.